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  • PNIJ: J'ai visité le "Big Brother" à la française par Le Point.fr

    "Par 

    Un bunker enfoui à dix mètres sous terre. Trois niveaux séparés par de multiples sas de sécurité et espacés d'épaisses couches de béton armé. La plateforme nationale des interceptions judiciaires (Pnij), le nouveau Big Brother à la française, est nichée là, à Élancourt dans les Yvelines. C'est ici, dans des kilomètres de câbles, que la vie privée de milliers d'individus est acheminée. Écoutes téléphoniques, SMS, fax, mails, factures détaillées (les fameuses "fadettes")... Des pétaoctets de données sont accumulés dans les serveurs de la société Thales, pour être analysés par les magistrats et les services de police et de gendarmerie. Les voyants s'allument, tantôt en rouge, parfois en bleu ou en vert. Des informations s'affichent sur de petits écrans. "Cluster = slave", "Warning : 30d Unit going activ". Sans doute faut-il être un peu geek pour pouvoir les déchiffrer. Au-dessus des têtes, une paroi vitrée régule la chaleur. Sous les pieds, de l'air froid sort de grilles d'aération destinées à rafraîchir des serveurs qui tournent à plein régime. 

    Le système se veut infaillible. Le bunker a d'ailleurs été construit à 130 mètres au-dessus du niveau de la Seine, pour éviter tout risque d'inondation. Dans cet espace très sécurisé et classé "confidentiel défense" n'entre pas qui veut. Les photos sont interdites. Seuls les agents assermentés de Thales, munis d'un badge et de leurs codes personnels, peuvent pénétrer dans les lieux. Chacune de leurs actions est scrutée par une caméra implantée dans les "baies" qui hébergent les serveurs. La moindre manipulation est parfaitement retraçable, jurent-ils. Un employé confie : "Un coup de badge vaut signature numérique." La société Thales se prépare car, en avril, les premières expérimentations seront lancées à Paris et à Rouen. Ce nouveau système centralisé d'écoutes, qui doit simplifier le travail des enquêteurs, doit être déployé sur toute la France à l'été 2014. Derrière leurs écrans, ce sont plus de 62 000 magistrats et officiers de la police judiciaire (OPJ) qui manipuleront ces données sensibles.

    Les coûts exorbitants de l'espionnage

    Et les enjeux sont considérables. En 2012, 650 000 réquisitions judiciaires ont été adressées aux opérateurs de communication électronique. La même année, 20 000 interceptions téléphoniques (écoutes) et 12 000 géolocalisations ont été menées par les forces de l'ordre. Thales, véritable ogre dans le secteur de la défense et de la sécurité, se frotte les mains. Tout, dans ses locaux, rappelle sa puissance. Les bâtiments sont ultramodernes et très sécurisés. Dans le hall d'entrée, une maquette de drone fait face à celle d'un Rafale. Thales cumule 14,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires et possède 65 000 collaborateurs présents dans 56 pays, expliquent les employés. "Plus de 80 % des informations bancaires transitent ici au niveau mondial", lâche Christian Rivierre, un des superviseurs du projet Pnij. 

    En centralisant les interceptions judiciaires chez Thales, le gouvernement espère limiter "la dérive des dépenses" et cantonner les frais annuels à 12 millions d'euros. Car le système actuel est intenable. Les enquêteurs louent auprès de sociétés privées, comme Elektron ou Foretec, des centrales d'écoutes. La douloureuse est élevée : 30,6 millions d'euros en 2012, plus de 45 millions d'euros en 2013. Le gouvernement se méfie également de la multiplication de ces sociétés et craint que de nombreuses écoutes illégales n'aient été faites pendant des années. Les réquisitions, adressées aux opérateurs (Free, Bouygues, Orange, Numericable...), ne sont pas non plus gratuites. Le ministère de la Justice n'arrive plus à assumer les frais et ne règle pas ses factures. D'après nos informations, la chancellerie aurait une ardoise de plus de 20 millions d'euros à Orange. 

    Des données ultrasécurisées

    Mais le recours à Thales n'est pas sans problèmes. Dans une salle de conférences, au sixième et dernier étage du bâtiment, un journaliste ose la question qui fâche : "Et si Thales était elle-même prise dans un scandale judiciaire ?" Une allusion à peine voilée à l'affaire Karachi, dans laquelle le nom de la société avait circulé. Thales pourrait prochainement faire l'objet de réquisitions judiciaires... qu'elle recevra donc dans ses propres locaux ! Richard Dubant, magistrat responsable du dossier, se veut rassurant : "Pour le personnel de Thales, la Pnij est une boîte noire. Ils n'ont aucun regard sur les données."

    Pendant de nombreux mois, et encore aujourd'hui, l'entreprise a dû se soumettre aux contrôles de la Cnil et de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi). "Chaque semaine, elle a de nouvelles exigences", explique Christian Rivierre. Les données sont cryptées et cloisonnées (réparties entre différents serveurs). Une équipe de hackers travaille à identifier les éventuelles failles du système. "Des forces d'intervention rapide sont prêtes pour empêcher tout acte criminel", poursuit le superviseur. À 300 mètres de là, un "dual building" (centre de secours) a été installé en cas de panne ou de coupure d'électricité. "Aucune personne ne pourra entrer dans le système de façon malveillante", assurent les employés.

    "La Pnij n'est pas un aspirateur à données" (chancellerie) 

    Au sous-sol, des OPJ se lancent dans une démonstration du logiciel. Chaque magistrat et officier de la police judiciaire (OPJ) devra insérer sa carte dans son ordinateur et composer son code secret pour avoir accès au logiciel. Pour envoyer une réquisition aux opérateurs de communication électronique (Bouygues, Orange, SFR, Numericable...), un formulaire doit être rempli. Il faut préciser le cadre de l'enquête (flagrance, commission rogatoire, enquête préliminaire), la date de la demande ou encore le tribunal ordonnateur. Surtout, les OPJ devront donner le nom du magistrat référent. "Le magistrat recevra alors un mail et pourra accéder depuis son propre ordinateur au brut des écoutes", lâche Richard Dubant. Un dispositif qui devrait restreindre les "écoutes-taxis", une pratique qui consiste à introduire dans la réquisition d'autres numéros de téléphone que ceux visés par l'enquête en cours. Cela permettait à certains policiers d'obtenir des renseignements sur une personne qui n'avait absolument rien à voir dans l'affaire. 

    Reste ensuite à demander les renseignements voulus. À partir d'un seul numéro de téléphone, les enquêteurs ont la possibilité d'obtenir le nom d'un usager, ses coordonnées bancaires et son adresse. Fax, SMS, écoutes téléphoniques, mails, fadettes, géolocalisations, historiques de navigation, vidéos consultées, accès aux serveurs FTP, etc., les possibilités sont immenses. Le ministère de la Justice est actuellement en discussion avec Skype et la messagerie instantanée WhatsApp, récemment achetée par Facebook, pour obtenir leur clé de chiffrement et ainsi avoir accès à leurs données. "Mais la Pnij n'est pas un dispositif de captation massive ou un aspirateur à données, précise Richard Dubant. Les enquêteurs ne demandent qu'un seul type de données à la fois, concernant un seul utilisateur, et dans le cadre d'une enquête pénale." 

    Le fourre-tout du "confidentiel défense"

    Désormais, tout se fera par voie informatique. Chaque réquisition, nous explique-t-on, laisse des traces informatiques, qui sont conservées dans la Pnij pendant cinq ans. De même, les enquêteurs saisiront leurs procès-verbaux directement dans le logiciel. Adieu, donc, les fameuses "pelures écrites" de retranscription des écoutes. Toutes les données placées sous scellés sont conservées dans des coffres-forts numériques, conçus par la société sous-traitante Dictao. Et seuls les magistrats et juges d'instruction référents, c'est-à-dire ceux qui instruisent l'affaire, pourront y avoir accès. Enfin, un comité de contrôle sera institué, réunissant des personnalités politiques, des magistrats et des spécialistes issus de la société civile. Ce comité aura le pouvoir de prendre toute mesure utile pour assurer la protection des données, lesquelles seront supprimées une fois les délais de prescription écoulés.

    En centralisant toutes les interceptions judiciaires et en les confiant à la Pnij, le ministère de la Justice a donc voulu rationaliser les coûts et les procédures. Mais surtout agir en toute transparence. Mais le "classé confidentiel" a déjà permis bien des entorses. En premier lieu, celle de s'affranchir des règles de marché public. "Toutes les règles du Code du marché public ont été respectées, assure Richard Dubant. À l'exception de la publicité." Thales s'est ainsi emparée de la Pnij sans même qu'il y ait un appel d'offres. Surtout, le "confidentiel défense" permet de repousser les curieux. "Interceptions traitées en instantané, nombre d'utilisateurs connectés, volume de données, type de matériel utilisé... Révéler tout cela serait préjudiciable", poursuit le magistrat. Fin de l'opération Transparence."

  • Plateforme Nationale des interceptions judiciaire: la PNIJ

    En 1948, Georges Orwell rédige ce qui sera son chef d'oeuvre: 1984. Il nous plonge dans la contre-utopie, le progrès scientifique et technique qui vire à la dictature. Le pouvoir en place surveille ses concitoyens grâce à un "télécran" qui diffuse les informations en continue mais qui peut aussi vous observer chez vous...sans que vous ne sachiez jamais si vous l'êtes. Orwell, formidable observateur de son temps, imagine l’écran-plat espion. 

    Il y a encore quelques jours, on étudiait cet ouvrage en classe afin de montrer les dangers d'une dictature qui espionne et prive des libertés individuelles. On s'émerveillait de la capacité d'Orwell pour sa vision prémonitoire quant aux évolutions scientifiques mais on ne se doutait pas que le système de surveillance qu'il craignait serait un jour d'actualité.

    Or, voilà, l'Etat français a proposé à Thales, entreprise privée, de mettre sur pied un vaste système de surveillance des connexions internet et mobiles, au nom de la sécurité de tous. Bien évidement, vous ne saurez jamais si vous êtes surveillés. ..."Mais, si vous n'avez rien à vous reprocher?!" 

    On nage en plein délire! 

    Les médias sont en train de se saisir du sujet, mais ne tarderont pas à le laisser tomber, car une actualité chasse l'autre...A nous de ne pas lâcher et de nous élever. 

    France Culture: 

     

     

     

    Pour avoir accès à d'autres reportages sur france culture: 

    http://www.franceculture.fr/2014-04-23-la-pnij-ou-les-nouvelles-grandes-oreilles-de-la-justice-francaise

    pnij, front de gauche, lozere, parti de gauche, mende, 48, thales, surveillance internet, france culture

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Il faut rapidement en faire un sujet de mobilisation. Elle n'est possible que par le partage de l'information. 

    Faîtes tourner s'il vous plait. 

    Nous vous proposerons d'autres articles sur le sujet durant les jours suivants. N'hésitez pas à nous faire remonter toutes les informations dont vous disposeriez. 

    On lâche rien!

  • France culture: la gauche au pouvoir est-elle de droite ? débat à la Sorbonne

    Ah que cela fait du bien quand ce n'est pas nous qui le disons mais des historiennes et historiens de talents. 

    Cette émission est à écouter et faire écouter....un délice! 

    Emission spéciale enregistrée au Grand Amphi de la Sorbonne samedi 29 mars 2014

    Hollande / Mitterrand – La gauche au pouvoir est-elle de droite ?
    Table ronde animée par Valérie Hannin

    Table ronde animée par Valérie Hannin avec Ludivine Bantigny, Olivier Galland, Jean Garrigues, Sabine Jansen V. NOEL © RADIO FRANCE

     

     

    Invité(s) :
    Ludivine Bantigny, maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Rouen, chercheuse au Centre d'histoire de Sciences Po.
    Jean Garrigues, professeur d'histoire contemporaine à l'Université d'Orléans.
    Sabine Jansen, maître de conférences au CNAM et rédactrice en chef de la revue Histoire@Politique.Politique, culture, société.
    Olivier Galland, directeur de Recherche CNRS.

     

    Pour écouter l'émission: 

  • Marche du Raz le bol du 12 avril

    Il faut s'organiser le tout très très vite. Si nous mettons en place un bus, il faut le savoir au plus tôt! 

    Prenez rapidement contact avec nous! frontdegauche48@gmail.com


    "Le 12 avril, nous serons dans la rue" - J.-L... par lepartidegauche

     


    Réaction contre Valls Premier ministre - J.-L... par lepartidegauche

  • Le FN n'est pas d'extrême droite...non, il est.....

    Didier Porte se lâche: "le FN est un parti de racistes, de fachos, de mafieux....mais pas d'extrême droite" 


    Didier Porte : « le FN, parti fasciste, collabo... par Mediapart

     

     

    Faites-nous savoir si vous comptez venir à la marche du 12 avril à Paris afin que nous réservions votre place. Si vous ne vous manifestez pas, il n'y aura pas de déplacement collectif. Le temps imparti est trop court, il faut se mobiliser en urgence! merci de votre compréhension.

     

     

  • Marche du Raz-le-bol 12 avril 2014

    Nos scores pulvérisent tout mais les médias focalisent sur le Fn.

    Nous occupons les rues mais on annonce 7.000 manifestants.

    Manuel Valls devient Premier Ministre.

    Ça suffit !!!!

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  • Message de la gauche du PS au président

    Au soir du second tour, voici la lettre de l'aile gauche du PS au Président. 

    Quand on sait qu'il vient de nommer M. Valls Premier Ministre, on se surprend à espérer qu'enfin les socialistes dignes de ce nom prennent leurs responsabilités, qu'ils ne votent pas la confiance au gouvernement et que localement, ils s'engagent officiellement au côté de RESF et qu'ils nous contactent pour que nous construisions ensemble une alternative puissante.

    Notre mail n'est pas un secret: frontdegauche48gmail.com

    Monsieur le Président,

    La  défaite est sévère. Son ampleur, son impact sur tout le territoire en dépit du travail de qualité des élus locaux, témoigne d’une volonté des électeurs de gauche de sanctionner les choix politiques engagés depuis le début du quinquennat.

    Ce soir, c’est toute la gauche qui est pénalisée. Mais plus que nos partenaires écologistes ou communistes,ce sont les candidats socialistes qui subissent le plus durement le désaveu des urnes.

    L’exécutif ne peut rester sourd au message des électeurs. Rien ne serait pire que de relativiser la gravité de la défaite. Rien ne serait plus dangereux que de se tromper dans l’analyse des causes de celle-ci. Le problème n’est pas « méthodologique », il est politique. Le sujet central n’est pas la demande d’autorité, il est le refus de l’austérité. Il ne s’agit pas d’ « envoyer des signaux de gauche » à notre électorat, il faut changer de cap.

     

    Monsieur le Président,

    Vous aviez fait du « redressement dans la justice » le mot d’ordre de votre campagne présidentielle. A juste titre, vous aviez pointé la responsabilité historique du monde de la finance dans les difficultés que traversent notre pays et notre continent. Vous aviez porté haut et fort l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. Vous aviez rappelé avec force que « l’âme de la France, c’est l’égalité ».

    Deux ans après, cette analyse nous paraît toujours aussi pertinente. Force est de constater que, parfois, les actes ont démenti les paroles. Certes, des réformes salutaires ont été entreprises. Certes, personne ne méconnaît la gravité de la crise et le lourd bilan laissé par Nicolas Sarkozy. Certes, l’éradication du chômage de masse requiert du temps et de la constance. Mais, comme nous le faisons inlassablement depuis des mois, nous vous exhortons à changer de cap.

    Augmentation de la fiscalité indirecte, flexibilisation du marché du travail, réduction à marche forcée des déficits publics, baisse massive du coût du travail : nous ne contestons pas seulement ces solutions parce qu’elles risquent de fragiliser notre modèle social et nos services publics, nous les contestons parce qu’elles s’avèrent inefficaces pour relancer l’activité économique!

    Comme vous, nous pensons que les Français attendent avant tout des résultats en matière d’emploi. Comme vous, nous pensons que nous serons jugés sur notre capacité à améliorer concrètement les conditions d’existence du plus grand nombre.

    Aujourd’hui, c’est le pragmatisme qui impose d’être audacieux !

    Parce que la chance sourit aux audacieux, parce que la France n’est jamais aussi grande que dans le sursaut, il est possible de démentir les résignés, les fatalistes et les pessimistes. Il n’y a pas qu’une seule politique possible.

    Pour réussir une nouvelle étape du quinquennat, il faut remplir trois conditions.

     

    1) A l’échelon européen, il est temps de desserrer l’étau des contraintes du pacte de stabilité. Concrètement, il s’agit dès demain d’engager le rapport de force avec la Commission en lui notifiant non seulement  l’impossibilité, mais surtout le refus respecter dans les délais les critères de déficit restrictifs qu’elle nous assigne. La réduction à marche forcée des déficits publics érigée en dogme est absurde en période de croissance atone, alors que c’est précisément l’investissement, et singulièrement l’investissement public qui soutient l’activité. L’austérité conduit l’Europe vers l’abîme tant elle réduit les protections de ses citoyens sans aboutir à un autre résultat qu’un dumping social qui ne dit pas son nom.  La politique monétaire est aujourd’hui plus un handicap qu’un atout, le libre-échange généralisé nous affaiblit. Les Français se moquent d’être présentés comme les mauvais élèves de l’Europe libérale. Au contraire, ils plébisciteraient un gouvernement qui se donne comme objectif d’être l’acteur déterminé de la réorientation du projet européen. Proposer un autre chemin pour l’Europe, jeter les bases d’une coalition progressiste contre l’austérité, voilà une façon de “réenchanter le rêve français”

    2) Sur le plan intérieur, le temps est venu d’un tournant économique majeur. Plutôt qu’à la « politique de l’offre » et qu’aux coupes massives dans les dépenses publiques, la priorité doit revenir à la croissance, à l’emploi, au redressement productif. A l’évidence, la transition écologique doit en  être le  fil conducteur.

    Le pacte de responsabilité est mort-né. Prenons acte de la position intransigeante du MEDEF qui refuse toute contrepartie pour le monde du travail.  Désormais minoritaire chez les syndicats de salariés, extrêmement coûteux pour les finances publiques, le « pacte » n’est pas aujourd’hui le « grand compromis social » que vous aviez souhaité.

    N’ayons pas peur d’abandonner cette voie.  La mobilisation générale pour l’emploi passe par la relance de l’investissement public et par celle de la consommation.

    Car il est urgent d’agir pour le pouvoir d’achat. La réforme fiscale est évidemment un outil pour améliorer le quotidien des Français les plus modestes. Mais l’augmentation substantielle du SMIC lors de sa revalorisation annuelle, le dégel des salaires des fonctionnaires, la revalorisation des petites retraites nous paraissent tout aussi nécessaires

    3) De même qu’il n’y aura pas de redressement sans justice, il n’y aura pas de réussite de la gauche si elle ne parvient pas à se rassembler.

    Le changement ne peut devenir une réalité sans la prise en compte des aspirations de la majorité sociale à laquelle nous devons notre majorité politique acquise en 2012. Pour le traduire en actes, la gauche ne réussira qu’avec un nouveau pacte majoritaire qui rassemble au service de la France toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la défaite de la droite lors de la dernière campagne présidentielle.

    Mais au-delà de la gauche, c’est au profond malaise qui traverse notre pays qu’il faut aujourd’hui répondre. Comme à chaque période décisive de son histoire, la France peut retrouver le meilleur d’elle-même en s’inspirant des principes qui font la force et la singularité de son modèle républicain. Respect de la souveraineté populaire, défense de notre modèle social, promotion de l’égalité : en cette « année Jaurès », la République sociale reste un projet fédérateur. Ce projet, il vous appartient de le faire vivre.

    Nous espérons que vous aurez compris cette adresse comme  une contribution franche et constructive, tournée vers un seul objectif : la réussite de votre quinquennat, celle de la gauche, celle de la France.

    Pour Maintenant la Gauche

    Emmanuel Maurel

    Marie-Noëlle Lienemann

    Jérôme Guedj

    Paul Quilès, ancien ministre, et les membres du Bureau national du PS : Julien Dray, Anne Ferreira, Gérard Filoche, Marianne Louis, Jonathan Munoz, Jean-François Thomas